Commerce équitable


Commerce équitable

Origine et développement

Dès les années 60, le « commerce alternatif » ou « commerce solidaire » vise à développer une alternative au mode de commerce dominant générateur d’inégalités entre pays du Nord et pays du Sud, en rémunérant les productions du Sud à un juste prix. Cet objectif continue à se développer sous l’appellation plus répandue de « commerce équitable », qui est une approche globale, alliant engagements économiques, sociaux, environnementaux avec la volonté de renforcer les capacités des producteurs en portant des dimensions d’éducation et de sensibilisation.

 

Prémices

Même si l’on pourrait remonter plus loin que cela, dans les années 1800 au sein des socialistes utopiques, ou même au fondement du mouvement coopératif avec les tisserands des Equitables Pionniers de Rochdale (1844), ou bien encore au tout début du XXème siècle avec des expériences réalisées aux Etats-Unis dans le but d’encadrer les échanges par la fixation des prix, il semblerait que l’on puisse dire que le commerce équitable prend véritablement forme à la moitié du XXème siècle.

Du constat d’un commerce international ne faisant qu’aggraver les inégalités, c’est vers 1950 que des ONG (OXFAM1 notamment) commencent à développer un commerce en lien avec les producteurs défavorisés des pays du « Sud ».

Le célèbre slogan « Trade, not aid » marque les esprits, il a été prononcé lors de la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) et devient à partir de 1968 le symbole de la reconnaissance de l’inéquité des échanges mondiaux.

A la suite de cela, les premières boutiques ouvrent un peu partout, 1969 en Angleterre (Magasins du Monde), 1974 en France (Artisans de Monde)…

 

Définition et objectifs

Le groupe de travail international FINE2, regroupant les principales organisations internationales du commerce équitable, se réunit en 2001 et en donne la définition suivante :

« Le commerce équitable est un partenariat commercial qui se veut une alternative au commerce international traditionnel et dont l’objectif est de parvenir à un développement harmonieux et durable des producteurs défavorisés et marginalisés. Pour cela, il offre de meilleures conditions commerciales, en attirant l’attention du public et en menant des campagnes. »

Les principaux objectifs alors fixés sont :

  • améliorer les revenus et le bien-être des producteurs (accès au marché, renforcement des organisations de producteurs, meilleur prix garanti)

  • favoriser le développement des producteurs défavorisés

  • Eveiller la vigilance des consommateurs sur les effets négatifs du commerce international et sur « l’acte » de consommer

  • Militer pour un changement des règles du commerce international et pour la défense des droits de l’Homme

En France, la Loi du 2 août 2005 pose une référence légale, puis l’accord AFNOR (Association Française de NORmalisation) de 2006 définit trois dimensions du commerce équitable, à savoir l’équilibre de la relation commerciale entre les partenaires, l’accompagnement des organisations de producteurs/travailleurs et l’information et la sensibilisation du consommateur.

La Loi Economie Sociale et Solidaire de 2014 fait évoluer la définition du commerce équitable (article 94) en lui donnant plus de précisions (gouvernance démocratique, stabilité des contrats commerciaux, prix juste payé au producteur selon une étude des coûts de production, traçabilité des produits, etc.) et en étendant son champ d’application aux échanges avec les producteurs du « Nord ».

 

Développement, critères et labels

Depuis sa création, le commerce équitable a connu un développement exponentiel. Sa structuration progressive l’a aidé à se transformer peu à peu en un mouvement international. Aujourd’hui, il n’est plus cantonné, comme à ses origines, aux seules relations Nord-Sud, mais s’est élargi également aux échanges locaux.

A l’heure actuelle, 95% des français connaissent le commerce équitable (contre seulement 9% en 2000) et la consommation de produits issus du commerce équitable poursuit son ascension exceptionnelle avec une croissance de plus de 40% en 2016 par rapport à 2015.

Mais, plus concrètement, quels sont les critères du commerce équitable ? Ils sont au nombre de 5 :

  • économiques :

  • prix équitable qui permet de couvrir non seulement les coûts de production et de logistique, mais aussi d’assurer une rémunération satisfaisant aux besoins fondamentaux des travailleurs. Il existe un prix minimum défini pour certains produits et certaines zones géographiques)

  • prime pour projets collectifs (renforcer les capacités d’émancipation des producteurs)

  • préfinancement (paiement d’une partie de la commande en amont de la livraison) et traçabilité (suivi du produit à ses différents stades de production)

  • sociaux :

  • respect des 11 conventions de l’Organisation Internationale du Travail

  • bénéfices sociaux complémentaires

  • traitement égalitaire de tous les travailleurs

  • liés à la gouvernance et à l’autonomie des producteurs :

  • priorité aux petits producteurs

  • appui technique

  • gestion démocratique des organisations de producteurs

  • environnementaux :

  • réductions de l’impact sur l’environnement

  • protection de la biodiversité

  • interdiction des OGM

  • de sensibilisation :

  • activités de sensibilisation et d’éducation des consommateurs

Voici donc ce que sont censés contenir les référentiels des labels de commerce équitable afin d’être conformes au cahier des charges du commerce équitable, qui sont une multitude à avoir vu le jour au fil des années.

Mais avant toute chose, un label c’est quoi ?

Il s’agit d’une marque spéciale, créée par un syndicat professionnel ou un organisme parapublic, représentée par un logo, et qui certifie l’origine, la qualité et les conditions de fabrication d’un produit destiné à la vente, en conformité avec des critères préétablis dans un cahier des charges (ci-dessus pour le commerce équitable). Au consommateur donc de s’intéresser plus précisément au référentiel du label, et au respect de celui-ci, pour savoir quel produit choisir. Toute la subtilité se situe donc ici, car certains labels sont plus ou moins laxistes concernant le respect de leur référentiel…

Parmi les labels connus, et dont les produits certifiés sont commercialisés en France, nous vous en conseillons deux :

Ecocert Equitable, label exigent associant l’agriculture biologique, la responsabilité sociétale des entreprises et le commerce équitable.

Symbole Producteurs Paysans (SPP), label très récent, créé et géré par les producteurs (qui détiennent deux tiers des voix), et restreint aux seules organisations de producteurs.

Parmi les marques privées, nous pouvons aussi faire confiance, les yeux (quasiment) fermés à :

Egalement, nous vous conseillons les produits de la marque « Ethiquable » (sur laquelle on retrouve notamment les labels Ecocert Equitable et SPP). Cette marque privée fondée en 2003 est portée par une entreprise coopérative (SCOP) où les salariés sont sociétaires. Leur engagement auprès des producteurs est réel comme a pu le constater par lui-même Anthony pour Latitudes Food lors de sa visite en Equateur et au Pérou.

Artisans du Monde est un précurseur en France dans le commerce équitable. Depuis 1974, ce mouvement associatif et citoyen reposant sur l’engagement de milliers de personnes bénévoles a pu faire vivre un réseau de magasins où l’on trouve des produits du commerce équitable. Cette association s’engage aussi dans des actions de sensibilisation. Latitudes Food va tester en Bolivie leur relation avec les producteurs de quinoa… On vous dira !

Enfin, véritable mine d’informations, nous vous conseillons vivement de consulter le très sérieux Guide international des labels de commerce équitable (2015), disponible à cette adresse : http://www.commercequitable.org/images/pdf/garanties/guide-labels-web-7-avril.pdf


Sources :
www.adequations.org
www.commerceequitable.org
https://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_%C3%A9quitable

Guide international des labels de commerce équitable, édition 2015

1 Oxfam International est une confédération composée de vingt organisations indépendantes de même sensibilité qui agissent « contre les injustices et la pauvreté ». Elles travaillent ensemble et en collaboration avec des partenaires locaux répartis dans près de cent pays.

2 FINE : FLO-I (Fair Trade Labelling Organisation International), IFAT (International Fair Trade Association) maintenant WFOT (World Fair Trade Organization), NEWS ! (Network of European Worldshops) et EFTA (European Fair Trade Association)

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