Ça chauffe en Afrique !


Latitude 27,9 – Tarfaya
Nous sommes le mardi 14 mars 2017, il est aux alentours de 17h, j’arrive à Tarfaya, petite ville côtière au milieu du désert, entourée de remparts qui vit de son port de pêche.
C’est l’heure de la sortie de l’école et les cris des enfants qu’on vient de libérer de la classe animent un peu les rues paisibles.
Le vent du Nord souffle assez fort ce soir. Il déplace dans son sillage le sable venu de l’intérieur des terres. Dans la ville, il s’immisce partout et de petites dunes se forment dans certaines rues et sur les abords du port.
Le lendemain, je comprends l’intérêt des barrières construites le long de la route à l’entrée de la ville, lorsque réveillé par le va-et-vient de brouettes mal huilées j’assiste à l’étrange ballet d’une dizaine d’employés afférés à désensabler les routes à la pelle.
En discutant un peu avec les habitants, ces dernières années, le désert a gagné du terrain autour de la ville et la nappe phréatique a quant à elle baissée de 7 mètres. J’ai d’un coup l’impression d’une tâche pharaonique qui les attend face à un combat qui s’annonce difficile.

Latitude 18 – Nouakchott
Lundi 27 mars. Plusieurs jours se sont écoulés et de nombreux kilomètres ont été avalés depuis Tarfaya. Ma traversée du désert – au sens propre, hein ! – touche à sa fin quand j’arrive à Nouakchott, capitale de la Mauritanie.
Construite en bord de mer par les colons français dans les années 50 sur la base d’un campement militaire, cette ville n’a aucune histoire et n’a, qui plus est, aucun avenir. Le jugement est un peu abrupt mais située à 2 mètres en dessous du niveau de l’Océan Atlantique, la ville est directement menacée par le niveau de l’eau qui a déjà gagné sur les terres. Sans parler des nappes phréatiques qui resurgissent en cas de forte pluie au sein même de la ville pour inonder certains quartiers.

A l’heure où l’on remet en cause les accords et traités environnementaux – déjà peu coercitifs – ces villes et lieux, exposés en première ligne au changement climatique, mériteraient bien de recevoir la visite, ne serait-ce que du bout de la mèche blonde de certains dirigeants pour qu’ils se rendent compte, comme je viens de le faire, que cette bataille est aussi la leur s’ils veulent préserver leurs intérêts.
A l’image du projet Latitudes Food qui ne rejette aucun gaz à effet de serre – hormis quelques flatulences – chacun d’entre nous peut contribuer à limiter le réchauffement climatique (utiliser moins la voiture de manière individuelle, maîtriser sa consommation énergétique, réduire ses déchets, veiller à acheter sa nourriture localement…) ou encore en rappelant un peu à nos dirigeants ce que nous voulons (en suivant ce lien par exemple : https://secure.avaaz.org/campaign/fr/us_climate_heroes_loc/?pv=158&rc=fb).

Chaque goutte d’eau est nécessaire pour faire une vague.
Agissons !

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