Latitude 30, les montagnes de l’Atlas : Se faire doubler par un papillon et garder le moral ! 4


Après une quinzaine de jours passés à Marrakech et dans ses environs (pour rejoindre de la famille venue me rendre visite et pour le projet Latitudes Food) je poursuis mon chemin en direction du sud afin de me diriger vers le Sénégal bien loin encore.

D’autant qu’une barrière naturelle s’interpose entre le Sud du Maroc et moi : l’Atlas. Cette barrière montagneuse qui traverse le pays de part en part me nargue avec ces cimes enneigées depuis que je suis arrivé à Marrakech. En effet, elle surplombe la ville du haut de ces 4000m d’altitude. J’ai échappé à la neige en France et c’est ici, au Maroc, que je la retrouve. Avec le mauvais temps de ces derniers-jours, la neige est présente sur les routes en altitude paraît-il…

Inch’Allah, je me lance. De toute façon, il n’y a pas d’autre voie.

J’ai choisi de passer par le Col du Tizi’n’Test à 2092m d’altitude. L’approche du col me prend déjà une journée de route et de piste (un régal pour les yeux et un plaisir de rencontres humaines) puis vient l’ascension à proprement parlé.
40KM d’une route escarpée, étroite et sinueuse avant de rallier le sommet. Je prévois 4h pour les faire. Je ne me suis pas trompé sur la vitesse moyenne. Mais une vitesse moyenne implique que l’on descende en dessous… A mesure que je me grimpe à environ 5 ou 6 km/h la route en lacets qui file au-dessus de ma tête à flanc de montagne, un papillon, couleur citron, l’air joyeux et insouciant de mon effort me double (par la gauche s’il-vous-plaît), virevolte au-dessus de mon guidon et file tout droit aussi vite qu’il est arrivé !
Provocation, raillerie ou tout simplement l’occasion de parader, je n’ai pas eu le temps de l’interroger, il est passé trop vite. S’il m’en avait laissé le temps, je lui aurai conté la Fable du lièvre et de la tortue.

Finalement le sommet arrive assez vite et en haut, les paysages sont magnifiques. Les nuages, loin derrière moi, sont restés bloqués dans d’autres cimes enneigées. La lumière du coucher de soleil qui reflète sur la neige me rappelle le fait qu’il est temps d’organiser un bivouac rapidement.

Le lendemain, après un petit-déjeuner interminable (pour faire durer le plaisir de rester dans ce cadre majestueux) pris dans un café sans grand intérêt en lui-même mais dans un cadre époustouflant, je finis par me décider à reprendre la route pour rejoindre Taroudant. Et là, c’est un saut dans une mer de nuage (que je dominais jusqu’alors) qui bouche l’horizon. Et moi qui pensais trouver un grand ciel bleu…
Je n’y vois pas à 5m quand je dévale les pentes…

Je rallierai Taroudant à 90km de là en à peine 3h30. 1er record… et récompense de toute ascension !


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 commentaires sur “Latitude 30, les montagnes de l’Atlas : Se faire doubler par un papillon et garder le moral !